Comment exploiter localement le potentiel économique de la plaisance touristique à voile
15 participation(s), 10 échange(s)
Début des travaux :
Thème :
Plaisance
Fin des travaux :
Statut :
Ouvert
Introduction :
Au-delà de ce qu'ils apportent au territoire par le biais des diverses taxes payées, les voiliers peuvent aussi contribuer au développement économique des populations locales si des activités, voire des micro-activités, se développent autour d'eux. En effet, dans les différents sites de mouillage de part le monde, les riverains profitent de la venue de voiliers pour les rencontrer et leur vendre du pain frais, du poisson, des fruits et tout type d'aliments et produits locaux.
Cette perspective d'exploitation commerciale des voiliers s'inscrit dans développement d'un tourisme inclusif, voulu par le Ministère du tourisme.
Objectifs :

Objectifs de ce chantier collaboratif :

- Recenser les activités économiques possibles à développer auprès des voiliers par les populations locales : lister ce qui se fait ailleurs et analyser comment ces différentes activités sont applicables en Polynésie ; Questionner les plaisanciers pour déterminer leur attitude vis-à-vis des activités envisagées.

- Analyser, voire adapter les réglementations sanitaires et fiscales en vigueur pour faciliter la mise en place des activités envisagées.

L'objectif principal est d'aider à la réflexion sur le développement économique autour de la plaisance touristique à voile.

 

10 échange(s)
Eric Pinel
jeu 08/10/2020 - 17:53

4,7 Milliards de francs Pacifique, c'est la réalité de l'apport économique direct des plaisanciers "touristes" de passage en Polynésie.
Le développement de micro-activités dans les îles éloignées est INFINI ! Pourquoi ne pas s'y intéresser et ne pas enfin communiquer sur la réalité de ce que peut apporter cette économie si elle est correctement abordée et gérée ?

https://voiliers.asso.pf/wp-content/uploads/2020/08/Etude-impact-plaisance-economie.pdf

Marie Dubroeucq
sam 10/10/2020 - 10:54

L'apport économique de la plaisance est considérable, mais le potentiel de développement l'est également. Les plaisanciers subissent une stigmatisation de la part des locaux les considérant comme les pollueurs du lagon. Afin d'exploiter et de développer le potentiel du tourisme inclusif, il conviendrait d'éduquer, de sensibiliser et d'informer les populations sur les apports économiques que pourraient générer la plaisance. Ainsi, dans un premier temps, pourquoi ne pas proposer des projets d'amélioration des infrastructures et de la communication ?

D'autre part, les infrastructures réservées aux plaisanciers sont globalement saturées à l'échelle mondiale. Evidemment, il y a des activités économiques vertueuses mais ces modèles sont difficilement applicables sur des territoires comme la Polynésie, dont l'éclatement régit les dynamiques d'aménagement. Avant d'envisager de développer de nouvelles activités, on pourrait travailler sur le potentiel de développement de nouvelles routes maritimes et de nouveaux types de touristes (durée de séjour, catégorie sociale, nationalité, pratiques etc). Cela permettrait de dégager des îles sur lesquelles le développement de la plaisance serait possible et souhaitable. Enfin, on pourrait développer un schéma de développement de la plaisance Polynésie (à l'image des trois publiés dans le SAGE) qui nous servirait d'outil pour envisager de nouvelles activités économiques dans le domaine de la plaisance. En ce sens, selon les îles relevées, on pourra intégrer un SCOT afin d'améliorer la connectivité entre îles et développer des SWOT afin de saisir les possibilités. 

Hinerava Tai
dim 11/10/2020 - 13:42

Ia Or Na,

Je m'appelle Hinerava Tai, je suis actuellement étudiante en Licence de Management des Organisations Hôtelières et Touristiques à l'Université de Polynésie.

Je suis au courant du potentiel économique que représente les plaisanciers sur le territoire polynésien. Aillant travaillé dans le marketing touristique, je me suis rendu compte que la majorité des prestataires et autres sociétés (travaillant dans le secteur du tourisme), font de gros efforts pour attirer une clientèle étrangère en Polynésie Française. Alors que sans s'en rendre compte, il y en a déjà une de clientèle étrangère présente, les plaisanciers. La majorité des sociétés et emplois dans le secteur du tourisme ne se consacrent qu'à une clientèle qui viendrait par les airs, et nous délaissons celle qui vient par la mer. 

Toutefois, la clientèle des plaisanciers est là et sera toujours là. Mais nous n'avons pas les moyes adéquate pour les accueillir comme il se doit. Le pays devrait construire des infrastructures adaptées à leurs besoins et encourager des prestataires à leur proposer leurs services. 

Déjà il faudrait construire une ou deux marinas bien équipées et adaptées dans chaque archipels de la Polynésie, avec des systèmes de mouillages, d'accueils et surtout marchandes. 

Ensuite il faudrait former des gestionnaires de Marina, pour l'entretien des systèmes de sanitaires, de sécurité et surtout d'accueils. Car j'ai ouïs dire que plusieurs marinas ou systèmes de mouillages non sois pas de gestionnaire présent, sois pas de gestionnaire qui parle anglais, ou encore un gestionnaire qui n'a pas reçu de formation adéquate pour effectuer son travail correctement. 

Et enfin, le pays devrait s'investir dans la création d'une lois adéquate maritime pour les plaisanciers. Afin que ces derniers puissent s'informer où se trouve les lieux autorisant le mouillage de leurs navires par exemple. 

Si nous parvenons déjà à établir ces différentes structures, le pays pourra commencer à exploiter ces clients potentiels.

 

 

Patrick Fincker
jeu 22/10/2020 - 16:33

Ia ora na,

 

Dans les années 80, lorsque j'ai quitté la Polynésie pour la première fois, j'avais dit que je reviendrai, mais sur mon propre bateau. Je l'ai fait, il y a quelques années. Au cours de ce voyage, et dans les croisières que j'ai pu réaliser sur différents océans du monde, j'ai pu observer les nombreuses solutions que différents pays ont mises en place pour répondre aux demandes des plaisanciers. Trois facteurs me semblent essentiels:

D'abord, les plaisanciers doivent avoir le sentiment d'être attendus, d'être des visiteurs appréciés, d'échanger sur leur mode de vie et sur leurs cultures. C'est une raison importante pourquoi une destination est préférée à une autre. C'est un immense atout de notre pays. De nombreux plaisancier viennent ici louer un navire pour le rêve de nos iles

Ensuite, il doivent trouver des infrastructures adaptées à leurs besoins, notamment les capacités d'amarrages : les solutions sont aussi variées que les conditions géographiques et climatiques, des ports ou des marinas, des corps morts ou des mouillages; Les navigateurs les plus expérimentés s'adaptent, les autres ne viennent que s'ils trouvent une infrastructure qui leur donne confiance. Pour les moins aventureux, les ports et les marinas sont une nécessité. Pour protéger les fonds, les corps morts sont une bonne alternative. Si nous voulons accueillir plus de plaisanciers, ces solutions doivent être développées. Les mouillages forains ne sont pas adaptés lorsque la densité devient trop importante. Je comprends l'irritation des locaux.

Enfin, il faut apporter du service, depuis la vente de produits frais ou simplement le taxi-boat pour les bateaux au mouillage, jusqu'au chantiers de réparation et d'entretien en passant par des restaurants, des commerces ou des services de santé. Les iles Canaries, qui ont développé des marinas qui offrent une large gamme de service, pourraient nous inspirer. Les corps morts, obligatoires et payants dans de nombreuses iles des Antilles, donne du travail à de nombreux petits entrepreneurs.

Mais le plus important, c'est sûrement que la population des iles soit étroitement associée à un plan de développement de la plaisance dans notre Pays. Ils doivent y voir un bénéfice dans la gestion de leur ile, en matière d'environnement, en matière d'emploi, mais aussi en matière d'art de vivre.

Je suis convaincu que nous avons les atouts pour réussir.

 

Mauruuru

Patrick Fincker

 

 

David Allouch
jeu 22/10/2020 - 16:48

En réponse à par patrick@fincker.net

Je partage totalement l'avis de Patrick et j'ajouterai pour avoir assister a l'inauguration d'une marina aux Canaries que les promoteurs avaient des le depart non seulement intégré la nécessité de proposer des locaux aux professionnels du secteur mais également que les services proposés par les professionnels soient de haut niveau. Ils avaient donc activement recruté des entreprises souhaitant s'implanter et les avaient sélectionnées rigoureusement. Ainsi le shipchandler retenu devait avoir dans son équipe des personnes parlant Espagnol (ca c est facile aux Canaries), Anglais,  et Allemand, et ayant de plus une experience forte de la navigation afin de bien conseiller les clients...D'ailleurs aujourd'hui les grands fabricants de pontons et d'équipement de marina proposent des services de conseil en gestion de marina qui incluent l'aspect commerce aux abords de la marina. A nous de relever le défi. Patrick, au plaisir de te revoir sur l'eau !

 

Anne-mai Do chi
ven 23/10/2020 - 13:35

Ia ora na, merci pour cette initiative,

Concernant la règlementation, il serait probablement souhaitable de faciliter les procédures d'agrément pour les opérateurs privés désireux d'investir ou ayant déjà investi dans des infrastructures d'accueil pour la plaisance. Par exemple, dans la baie de Opunohu à Moorea ont été mis en place des corps-morts neufs et un ponton pouvant accueillir plus d'une vingtaine de voiliers. Ces dispositifs ne gênent pas la vue (le long d'un bord de route arboré), constituent une alternative au mouillage problématique de Tehiamanu, et permettent l'accès à des services touristiques à terre (ex : randonnées) ou en mer (ex : pirogues), ils attendent seulement d'être mis en exploitation.

Concernant les redevances hors marinas, mon expérience dans l'atoll de Fakarava où une taxe pour le dépôt des ordures ménagères a été mis en place, me fait dire qu'il faudrait que l'information soit plus visible avec un affichage dès le quai (et non pas seulement à la mairie). 

Enfin, la distribution de produits frais sur les zones de mouillage fonctionne dans d'autres parties du monde, de préférence tôt le matin, et peut être complétée par des offres touristiques (visites, etc.) en fonction cependant de la durée autorisée du mouillage. 

Cordialement

 

 

Christophe Teano
sam 14/11/2020 - 07:31

En effet, l'activité de plaisance touristique est une manne pour l'économie pour lequel elle n'est pas totalement exploité. Le touriste plaisancier n'est pas attendu en Polynésie française contrairement à ceux qui arrivent par avion où par les gros paquebot !!! Nous négligeons les petites embarcations, et ici je parle des voiliers qui certes sont visibles le long du lagon du grand Papeete. Mais prêtons-nous réellement attention ? Non ! Enfin, oui dans le cadre d'un différend !!! Exploiter au maximum cette présence, c'est créer des emplois !!! Nombre d'emplois peut être créer autour de nouvelle zones de mouillages comme ceux de Vaitupa et d'Outumaoro ! Agritourisme, service de restauration (pain, fifiri et j'en passe...). 

Tauhere Tamaitiore
sam 14/11/2020 - 11:19

La plaisance touristique (plus précisément les plaisanciers internationaux) en Polynésie Française  est un atout économique dont les dépenses sont significatives sur le long terme en raison de la durée de séjour. C'est une activité qui profite également à la population des îles les plus éloignées et les moins visitées (notamment par le tourisme aérien). Maintenant, la population ne sait pas tout ça. La population ignore les enjeux de cette activité, ignore les modes de vies des plaisanciers, les retombées économiques. Les événements récents ont accentué les frictions entre population locale et plaisanciers. Donc le développement de la plaisance devrait passer par une valorisation de la plaisance. Comment? Il serait nécessaire d'améliorer d'abord la communication entre les autorités compétentes dans la coordination et la planification des projets pour qu'il y ait une meilleure cohérence. Mieux informer, mieux sensibiliser la population en leur faisant vivre une expérience nautique : visite guidée du navire de plaisance, petite excursion afin que ces personnes prennent connaissance des modes de vies. Eduquer sur l'importance de ces activités pour l'économie polynésienne en faisant venir des intervenants (les plaisanciers, des professionnels dans ce domaine) dans les établissements scolaires afin de partager des expériences, sensibiliser sur la protection de l'environnement etc...Il faudrait plus d'intermédiaire, entre chaque acteurs (d'où l'importance de la communication). Le partage pourrait s'effectuer dans le cadre d'un événement. La population locale pourrait proposer ses services (visite des secteurs éloignés, initiation aux pratiques de pêches, de chasses, l'artisanat, les chants et danses etc...). Il y a une richesse culturelle, un potentiel à exploiter mais il faudrait informer, sensibiliser, éduquer et communiquer pour en profiter pleinement.

Pour une meilleure organisation, il serait intéressant  de créer une plateforme sur internet consacrée à l'activité . Les plaisanciers pourront avoir accès à une cartographie informationnelle ou interactive, localisant les différents services disponible sur chaque îles (infirmerie, supérette, accès internet, service marchands, lieux de dépôts d'ordure...), la disponibilité des mouillages, corps morts pourraient apparaitre sur des cartes interactives  etc.... Il pourrait y avoir un espace d'interaction entre chaque acteur (recherche d'information, proposition des services). 

 

Marie Dubroeucq
jeu 19/11/2020 - 19:48

Pour exploiter le potentiel économique de la plaisance, il est nécessaire de bien connaître les pratiques des plaisanciers. Voici un article intéressant qui permet de se plonger dans l'univers de la navigation, grâce au rapport sensoriel du navigateur à l'espace. L'article comporte également quelques orientations de développement, sans se garde de développer tout aspect économique. 

Voici l'article dont je vous met le lien ci-dessous: Lageiste Jérôme. Les voyages des plaisanciers : l'ouverture de l'océan, des îles et des littoraux éloignés à l'espace du tourisme. In: Le Globe. Revue genevoise de géographie, tome 144, 2004. Voyage, tourisme, paysage. pp. 27-39.

https://www.persee.fr/doc/globe_0398-3412_2004_num_144_1_1484

Lindsay Mama
ven 20/11/2020 - 11:56

Avec une zone maritime aussi vaste que l’Europe, la Polynésie française n’a pas d’autres choix que de se tourner vers l’économie bleue afin d’exploiter cette ressource de façon durable.
Le tourisme nautique, partie prenante essentielle de cette économie, se compose de 4 grands secteurs (plaisance, charter, croisière, yachting) qui a eux seuls représentent 20% de l’économie bleue. 

Concernant la plaisance, les principales plaintes émanant des plaisanciers concernent le manque de prestataires proposant des services permettant d’éviter de devoir se déplacer sur la terre pour l’obtenir. A titre d’exemple, dans beaucoup de régions propices à la plaisance, les plaisanciers se voient offrir des services tels que la livraison de produits alimentaires à leur bateau ou encore des prestations d’activités comme des randonnées ou des visites guidées. L’autre partie prenante, la population, se plaint de la dégradation de l’environnement dû au déchets rejetés par les plaisanciers ou encore la pollution visuelle sur l’océan.

Afin de réconcilier ces deux acteurs, des solutions peuvent être apportées afin de combler les besoins en service et matière première des plaisanciers tout en éduquant la population sur le véritable impact écologique des voiliers et en leur montrant l’apport financier qu’ils pourraient obtenir en proposant des « micro-services ». On pourrait penser à des cours d’initiation au surf proposés par la population ou encore un « snack » flottant situé aux corps-morts afin de proposer une alternative aux plaisanciers ne possédant pas de voiture pour se déplacer sur la terre mais souhaitant tout de même déguster un repas typique polynésien. Egalement, on peut remarquer une forte demande des plaisanciers pour avoir une connexion wi-fi stable. Néanmoins, souvent lorsqu'ils prennent la peine de ce déplacer en boutique en ville ils ne trouvent personne parlant anglais ou ils se rendent compte qu'ils n'ont pas tous les papiers nécessaires pour l'abonnement. Un partenariat entre les marinas et les fournisseurs de wi-fi locaux (Viti, Tahiti Wifi, Vodafone...) afin de mettre en place des "boutiques-wifi nomade" avec un petit bateau se déplaçant de voilier en voilier permettant aux plaisanciers de s'abonner sans se déplacer.