Considération du Charter Nautique
3 participation(s), 3 échange(s)
Début des travaux :
Thème :
Hébergements nautiques
Fin des travaux :
Statut :
Ouvert
Introduction :
L'image du Charter Nautique est considérablement dégradée
Objectifs :

Pourquoi et comment redorer l'image du charter, trouver des solutions gagnantes pour le secteur et son environnement (réglementation, communes, résidents, etc.)

3 échange(s)
Christophe Teano
sam 14/11/2020 - 07:05

En effet, l'activité en générale de la plaisance est au coeur de " turbulence " où plaisancier recherche un cadre propice à la détente, à la pratique de la voile...et où utilisateur de l'espace commun (le lagon) de sportifs nautiques (va'a, paddle, kayak...) revendiquent certaine zone qu'ils voient progressivement se modifier et ainsi gênant la pratique de leur sport. Cependant, une bonne gestion et organisation de cette espace maritime est nécessaire pour que chaque utilisateur en soit satisfait. Création de PGEM, délimitation de zones de mouillages, ponton mobile flottant, création d'un parcours pour les sportifs nautiques ...? De nombreuses solutions sont possibles, mais qui sont à discuter avec tout les utilisateurs et amoureux du lagon.

Bruce Andrieux
mar 24/11/2020 - 15:12

En réponse à par teachristophe@…

Merci Christophe de ton intervention. Oui, on est assez d'accord dans l'ensemble.
Cependant, la question de ce chantier tourne plutôt autour du Charter Nautique et ses spécificités.

Bruce Andrieux
mar 08/12/2020 - 11:00

Depuis quelques années le Charter Nautique souffre de l’amalgame avec le secteur de la plaisance. En effet, depuis 3-4 ans, le nombre de voiliers présents en Polynésie a littéralement explosé !

Parmi les éléments ayant favorisé ce phénomène on peut souligner la stratégie de la Route des 36 mois. Le projet initial de la route des 36 mois portait notamment sur le développement des infrastructures (création de ports de plaisance, aménagements de débarcadères, marinas, organisation de zones de mouillages, etc.), or ces projets n’ont pas pu être développés à la même vitesse que l’arrivée de tous ces bateaux de plaisance dans les eaux polynésiennes.

Les conséquences de cette situation sont importantes pour le secteur du charter nautique :

  • Les infrastructures sont insuffisantes, ce qui pèse sur l’activité.
  • Les unités de plaisance qui visitent la Polynésie ont radicalement baissé en « qualité ». Auparavant, l’autorisation temporaire étant de 6 mois, les visiteurs avaient généralement de très belles unités car souvent en projet de voyage autour du monde, pour une durée déterminée, sabbatique. Ceci signifiait une visite de tous les archipels et une consommation importante de produits et services locaux. Aujourd’hui, on voit de plus en plus de bateaux très modestes atterrir dans les lagons et servir d’habitat précaire à leur propriétaire. Ils sont parfois même abandonnés sur place. Les propriétaires de ces bateaux ne visitent pas les archipels, restent sur Tahiti et Moorea et consomment très peu. Pour certains, ils sont travailleurs irréguliers car leur bateau n’a pas été admis à la consommation (« papétisé »)
  • Les mouillages des îles les plus fréquentés sont confisqués par les plaisanciers qui demeurent sur place pour de longs séjours :
    • Cela empêche l’accès aux unités de charter nautique qui ne restent qu’une ou deux journées sur chaque mouillage.
    • Cela crée des conflits avec les riverains qui ne supportent plus de voir autant de bateaux au mouillage, avec des plaisanciers irrespectueux, et qui ne consomment pas ou peu de produits et services locaux. C’est pour cela que Moorea et Bora-Bora ont dû passer par l’interdiction alors que ce n’était pas l’objectif stratégique initial de la route des 36 mois…
    • Il y a un impact fort sur l’environnement dans ces mouillages ultra fréquentés. Déchets, destruction des coraux, etc.
  • Il y a aussi des avantages financiers importants pour les plaisanciers en route des 36 mois : ceux-ci ont accès au gasoil détaxé et sont aussi exonérés de taxes pour les imports de pièces détachées destinées à l’entretien de leur bateau.
  • Aussi, et malheureusement, le "black charter" s’est fortement développé depuis ces quelques années. Outre le côté illégal de ces activités, cela crée un sérieux déséquilibre concurrentiel avec les compagnies de Charter Nautique compte tenu des avantages financiers des plaisanciers soi-disant "de passage".

Depuis juillet 2020, le pays a décidé de réduire l'admission temporaire de 36 à 24 mois, ce qui est un aveu du problème en question. https://www.service-public.pf/dpam/2020/07/09/plaisance-ladmission-temporaire-des-navires-etrangers-reduite-de-36-a-24-mois/#:~:text=Le%20s%C3%A9jour%20autoris%C3%A9%20est%20raccourci,%C2%AB%20Route%20des%2036%20mois%20%C2%BB.

Quelles seraient les propositions permettant de redorer l’image du charter nautique, d’améliorer les infrastructures tout en protégeant l’environnement ? Comment différencier les unités de charter nautique des unités de plaisance ? Offrir un accès privilégié à certains sites pour les charters ?