Est-ce que l’accueil en Polynésie française est à la hauteur de sa réputation ?
2 participation(s), 1 échange(s)
Début des travaux :
Thème :
Accueil et information
Fin des travaux :
Statut :
Ouvert
Introduction :
Les 2 notions premières distinguant la Polynésie de toutes ses destinations concurrentes sont l'accueil et la chaleur de son peuple. Cet esprit et ce naturel de bienveillance qui fait partie de notre patrimoine d'antan s'est forgé une solide réputation et fait résonance à l'extérieur. Cependant, à l'ère de la mondialisation, les normes d'accueil s’améliorent et se standardisent dans toutes les destinations. Notre destination s'est toujours démarquée par cette culture de l'hospitalité transmise de génération en génération.

Sommes-nous toujours fidèles à ces valeurs qui ont fait notre renommée ?

Que faudrait-il faire pour ne pas les perdre ou les améliorer ?
Objectifs :

Conserver la dimension humaine dans nos échanges avec les visiteurs 

Connecter davantage le visiteur avec nos valeurs au travers des activités et produits proposés

1 échange(s)
Patrick Fincker
ven 20/11/2020 - 08:57

Ia ora na

 

Lors de mon premier contact avec le fenua, j'ai effectué un séjour à l'hôtel Bora Bora, dont le simple fait de pénétrer son jardin vous faisait changer de monde. Et pourtant la beauté de l'ile que l'on découvre en arrivant est déjà incomparable. Lors d'un diner, une serveuse trébuchât et fit tomber ce qu'elle avait dans les mains. Elle éclatât de rire et se releva avec un sourire à peine gêné. Mis à part quelques pisses froid, la plupart des clients a affiché un sourire désolé pour cette employée. Sa réaction instinctive a été communicative et reste un formidable souvenir de l'accueil polynésien.

La spontanéité, le sourire et les fleurs sont de pierres angulaires de notre accueil. Mais bien d'autres éléments y concourent:

- Tout d'abord, la langue. Il est bien sûr hors de question d'attendre que nos visiteurs la parlent. En revanche, qu'ils entendent un "ia ora na", au lieu d'un bonjour ou d'un hello, ou qu'ils découvrent que merci se dit "Māuruuru" à Tahiti, mais "koùtaù nui" aux iles Marquises, leur donnera le sentiment d'être invité par un peuple accueillant et non pas maintenu comme en apnée dans une bulle tolérée le temps d'un séjour.

- Il suffit de peu de mots pour changer une relation. Il suffit d'un sourire pour éclairer une journée. Ne nous privons pas de ses atouts en voulant imiter le style compassé des grandes chaines internationales. Le patron d'une grande chaine d'hôtels disait un jour que ses clients voulaient retrouver des équipement identiques, le même lit, le même placard, la même salle de bain où qu'ils soient dans le monde. Il oubliait le plus important, l'accueil, mais, probablement, cet oubli était-il volontaire. Un accueil ne s'exporte pas. Il est dans le coeur des employés. Surtout, ne l'enfermons pas dans une carapace de normes. Laissons une place à l'humain. C'est un atout que nous avons.

-L'accueil, c'est aussi offrir une expérience locale. Papeete est bien sûr avant tout la capitale de la Polynésie. Tous ses habitants y viennent un jour ou l'autre et de nombreux commerces et services sont là pour les satisfaire. Il n'y a pourtant aucun lieu spécifiquement dédié à la nourriture et la culture polynésiennes. A Nairobi, capitale du Kenya, il existe un restaurant spécialisé dans la gastronomie locale. Il sert notamment des plats de gibiers locaux. C'est un lieu incontournable d'un séjour dans une ville à l'intérêt touristique limité, mais un passage nécessaire. Cet endroit a autant de succès avec les locaux. Nous manquons d'un tel endroit, qui donnerait au passage obligé à Papeete un autre but que de parcourir le front de mer ou visiter les magasins.

- L'accueil, c'est aussi de montrer l'amour de son pays. Dans ce domaine, nous avons des progrès à faire. Un effort en matière de propreté ne ferait pas de mal. Les visiteurs doivent être reçus comme des amis. Ils payent assez cher pour cela! Le respect de l'environnement doit être une priorité. Les requins de lagons et les raies ne sont pas des bêtes de cirque que l'on peut attirer avec quelques têtes de thon et que l'on peut manipuler comme des chiots. Il y a une clientèle pour ce genre de spectacle. Est ce l'image que nous voulons laisser?

Bien d'autres aspects de notre accueil pourraient encore être considérés. Mais le plus important, c'est de ne pas perdre l'âme de le culture polynésienne, si riche et néanmoins si fragile. Pour cela, il faut l'enseigner dans les familles et à l'école, le renforcer dans les formations aux métiers de l'accueil et le promouvoir, peut-être en instituant un "pavillon de l'accueil" à l'instar du "pavillon bleu des plages". Certains sites en ligne ne s'en privent d'ailleurs pas.