Faire de la Polynésie une "destination plongée"
8 participation(s), 11 échange(s)
Début des travaux :
Thème :
Activités nautiques
Fin des travaux :
Statut :
Ouvert
Introduction :
La Polynésie dispose de nombreux atouts pour être une référence mondiale de la plongée sous-marine :
- Classée "championne du monde de la conservation des requins de récif" (https://cutt.ly/YgH4k2u)
- Une biodiversité marine exceptionnelles, et préservée
- 2 spots (Rangiroa et Fakarava) classé dans le Top 5 mondial (https://cutt.ly/lgH4b6h)
- plus de 50 centres de plongée, répartis sur l'ensemble du Fenua, assurant une couverture et une diversité exceptionnelles, tant sur les plongées sur sur leur accessibilité
- Un cadre réglementaire exigeant, mais sécurisant pour une clientèle étrangère elle aussi exigeante
- Des structures, notamment sanitaires, qui garantissent une prise en charge de qualité en cas d'incident

Pourtant, la Polynésie n'est pas forcément vue comme une "destination plongée", contrairement à d'autres zones (Maldives, Egypte, Indonésie...). Et cela, alors que les plongeurs "passionnés" constituent une clientèle particulièrement intéressantes pour la Polynésie :
- Il ne s'agira jamais d'un tourisme de masse, mais bien d'une cible de qualité
- Des touristes amoureux, et généralement respectueux de l'environnement, et au delà, de la culture de leur pays hôte
- Une clientèle qui peut aussi bien rechercher de l'hôtellerie de luxe que de l'hébergement en pension de familles,
- Des clients au pouvoir d'achat généralement élevé
Objectifs :

Objectif principal : Identifier les freins et les leviers pour faire de la Polynésie une "Destination plongée"

Objectifs secondaires : 

- Réaliser une bilan de "l'écosystème" de la plongée en Polynésie (cadre réglementaire, rôle et coordination entre les différents acteurs, du tourisme, de l'environnement, de l'économie)

- Identifier des freins au développement de la plongée en Polynésie

- Proposer un bilan de la communication actuelle sur la Plongée en Polynésie

- Proposer de nouvelles approches dans la commercialisation de l'offre plongée en Polynésie

- Tout autre remarque ou idée sera la bienvenue !

11 échange(s)
Alain Druet
sam 07/11/2020 - 19:22

Je rejoins tout à fait l'idée que le marché de la plongée devrait avoir un peu plus d'attention et qu'il comprend une clientèle à bon pouvoir d'achat tout en couvrant la diversité d'hebergement allant du trés luxe a la petite pension . Par contre ce que j'ai entendu (en qualité d'hôtelier) c'était : la difficulté à voyager en avion avec souvent des surcharges sur le prix pour le matériel transporté. Aussi dans les iles éloignées une petite crainte sur l'assistance médicale en cas de problème de plongée m'a été parfois mentionnée. sur ce dernier point est ce qu'un caisson pour chaque archipel ne serait il pas souhaitable ou au moins avoir un caisson transportable ( je ne sais pas si cela existe) .

Thibault Gachon
lun 09/11/2020 - 20:51

En réponse à par alain2moorea@i…

Bonjour Alain,

Merci pour ton commentaire, qui appelle de ma part quelques réflexions et idées : 

- Concernant le matériel de plongée, ATN propose un surplus de poids sans frais pour les détenteurs d'une carte de plongée. Idem pour Air Tahiti, et les vols inter-îles, même si le surplus n'est que de 5kg, ce qui est parfois insuffisant. Mais en outre, la quasi-totalité des centres de plongée incluent la fourniture de l'ensemble du matériel dans leurs tarifs. Ainsi, les solutions existent. Est-ce qu'elles sont assez connues ? Est-ce que la communication sur ces points est suffisante pour lever les freins ? Sans doute pas, et c'est une piste de réflexion intéressante.

- Concernant les craintes sur l'assistance médicale : malgré l'éloignement des îles, les solutions d'évasan sont très performantes, et les accidents graves sont rarissimes. D'autant que les équipes en charge du caisson hyperbare au Taone sont très performantes. Il serait très difficile d'envisager d'avoir des caissons sur chaque archipel, pas tant à cause du coût d'investissement (des solutions légères existent), mais à cause des compétences requises pour les faire fonctionner et les maintenir en bon état. En revanche, on sait que dans le cas d'un accident de décompression, un des facteurs déterminant de la gravité finale est la rapidité de prise en charge. Et donc, la capacité de l'ensemble des acteurs à savoir repérer un accident, dont les symptômes peuvent intervenir plusieurs heures après la plongée. Aussi, on pourrait envisager des opérations de formation, notamment des hébergeurs, pour savoir comment repérer et réagir face à des symptômes inquiétants. 

Merci encore pour ta participation, car chaque contribution peut déboucher sur des idées nouvelles, à faire vivre ensemble ! 

Gina Bunton
mar 24/11/2020 - 14:14

Bonjour,

Tahiti Tourisme a effectivement identifié la thématique de la plongée comme un axe de communication pour la promotion de la destination. Les plongeurs sont un segment de clientèle cible sur les marchés identifiés comme porteur pour cette activité, notamment le Japon, les Etats-Unis, la France, l’Italie et l’Allemagne. Sur ces marchés, des actions spécifiques sont déployées chaque année par les équipes de Tahiti Tourisme.

Par exemple, en 2019, Tahiti Tourisme a implémenté les actions ci-après en faveur de la niche plongée:

- 4 campagnes d'emailing

- 5 communiqués de presse

- 30 voyages de presse dédiés ou incluant la plongée qui ont généré 113 articles mentionnant la plongée à Tahiti Et Ses Îles

voyages de familiarisation incluant ou dédiés à la plongée

- 17 sessions de formation spécifique à la plongée pour 928 agents de voyage

- 132 posts dédiés à la plongée sur les réseaux sociaux de Tahiti Tourisme

- 69 packages dédiés postés dans la section "séjours de vacances plongée" des sites de Tahiti Tourisme et qui ont généré 102 demandes de devis auprès des partenaires

- Vidéo de promotion de la plongée à Tahiti Et Ses Îles produite par Tahiti Tourisme et traduite dans 9 langues vue 11 457 fois

- 7 000 brochures "Plongée à Tahiti Et Ses Îles" imprimées

- Participation à 5 salons dédiés à la plongée (US - DEMA, Scuba Show, Beneath The Sea. Japon: Marine Diving Fair. France: Salon de la plongée)

Au-delà de travailler avec le réseau de distribution traditionnel (TOs et agents de voyages spécialisés plongée), Tahiti Tourisme forme également des partenariats avec des centres de plongée (qui organisent parfois des voyages de groupe à l’international) ou encore des organismes de plongée afin de promouvoir Tahiti Et Ses Îles en tant que destination plongée.

Thibault Gachon
lun 30/11/2020 - 14:19

En réponse à par gbunton@tahiti…

Bonjour Gina, 

Merci pour ces précieuses précisions, qui illustrent tout l'engagement de Tahiti Tourisme pour la promotion de la plongée. 

Ces chiffres nous permettent un constat, et un enseignement très forts et productifs : 

- Les chiffres sont là, indiscutables, et on les retrouve notamment dans le rapport d'activité de TT. Ce n'est donc pas au niveau des efforts déployés que l'on doit chercher les causes du manque de résultats

- Car en effet, les résultats ne peuvent pas être qualifiés de satisfaisants : comme l'illustre le post de Bernard, et comme nous l'entendons très souvent de la bouche de nos clients, Polynésie destination Plongée n'est pas connue (3% des américains interrogés citent la Polynésie parmi les destinations qui les attirent...). On peut également se fier au récent rapport du CETOM, qui confirme que la Plongée en Polynésie n'est pas assez valorisée. 

- Il faut donc revoir en profondeur la manière dont sont utilisés les efforts déployés par TT. Le volume n'est pas un indicateur suffisant. Ce n'est sans doute pas au niveau des moyens que se situe le problème (comme ton post l'illustre parfaitement), mais des résultats. 

- Il est donc urgent de redéfinir les objectifs et les moyens de la stratégie de communication sur la plongée

- Il est également impératif de mettre en place des indicateurs de suivi, qui nous permettront de ne plus nous retrouver dans la situation que tu décris très justement : des moyens importants déployés, et très peu de résultats. Efficacité, efficience et impact des stratégies engagées doivent pouvoir être mesurés. 

Gilles Siu
ven 27/11/2020 - 12:10

Bonjour,
je prêche un peu pour ma paroisse mais la Polynésie pourrait être aussi une destination pour les plongeurs « tech » car il y a peu de destinations dans le monde où la profondeur soit si facilement accessible (clarté et température de l'eau, clémence de la météo et distance aux sites de plongée).
- mettre en avant les plongées techniques qui sont souvent pratiquées par des personnes plus aisées financièrement et peut-être plus à même de dépenser de l’argent autour de leurs plongées (même si ces mêmes personnes ont tendance à rechigner face au prix des plongées plus onéreuses car plus longues et légèrement plus compliquées à organiser)
- 1 caisson (comme l’a dit Alain Druet) plus proche des destinations les plus prisées pour la sécurité car qui dit profondeur ou temps rallongés dit risques augmentés. Mais un / des caissons dans les îles à haute fréquentation rassurerait aussi l’ensemble des plongeurs.
- et sans aller profond mais en mettant en avant la plongée nitrox et recycleur, on met en avant la sécurité pour un même temps passé dans l’eau, voire on augmente le temps de plongée en gardant la même sécurité. Tout ça en chaude et dans des conditions permettant l’approche moins invasive de grands animaux.
En résumé, peut-être mettre en avant une plongée moderne et une sécurité renforcée au niveau structures de plongée et infrastructures de santé (ce qui passe par de l’investissement matériel, mais aussi humain au niveau de la formation du personnel de plongée (à une époque, il y avait une introduction à la plongée tech il me semble dans les formations locales des professionnels de la plongée)) et en faire un axe de communication au niveau international (déjà bien étoffée comme l’a dit Gina Bunton).
Une petite remarque, au niveau communication, je crois que les plongeurs lisent pas mal les magasines de plongée et suivent sur facebook et instagram les posts de plongeurs qui font un peu le tour du monde. J’y vois deux moyens de cibler les communications mais aussi un moyen en regroupant / relayant / facilitant la communication de belles images remontées par les nombreux clubs de plongée et aficionados.

Thibault Gachon
lun 30/11/2020 - 14:26

En réponse à par gsiu@club-inte…

Bonjour Gilles, 

Merci pour ta contribution. Je te rejoins parfaitement sur l'intérêt de la plongée Tech, y compris pour les plongeurs résidents comme toi, qui y (re)trouvent un intérêt à découvrir de nouveaux aspects de la plongée. 

J'y vois aussi un excellent moyen de positionner l'image de la plongée en Polynésie. En montrant que la Polynésie est un terrain de jeu idéal pour la plongée Tech, on fait rentrer la Polynésie dans la cour des spots incontournables pour les plongeurs les plus exigeants. C'est, d'une certaine façon, le ressort qu'utilisent les constructeurs automobiles qui investissent dans la Formule 1 : se montrer à la hauteur des plus hautes exigences, pour donner au grand public une image rassurante du produit. 

Merci encore pour ton post !

Bernard et martine Tora
dim 29/11/2020 - 16:49

La Polynesie est-elle une destination plongée ? 

J'ai posé la question suivante sur une page de  face book fréquentée par des plongeurs francophones, "Quelles sont vos 5 destinations plongées de rêve ?"

Seulement 32 % des personnes qui ont répondu citent la Polynesie et moins de 20 % la positionne dans leurs deux premiers choix. La très grande majorité cite l'Indonésie dans leurs premiers choix. 

La même question a été posée sur une page vue en majorité par des plongeurs Américains. Sur un peu plus de 100 réponses, personne ne cite la Polynesie, ce mot n'existe pas pour les Américains, et environ 3% citent  Tahiti.

Il y a donc un gros travail à faire pour que la Polynesie, ou Tahiti et ses Îles...  devienne dans l'esprit des plongeurs une destination plongée!

Je ne suis pas un spécialiste du marché du tourisme US mais ayant eu plusieurs clients qui m'ont rapporté  ceci, je peux dire que : En ce qui concerne le marché Américain et par extension le marché Canadien, il faut savoir que les plongeurs organisent leurs voyages plongées via des Dive Shop, sorte de club magasin de plongée. Par exemple une mes  amies américaine  et francophile , vivant à Denvers me confiait que son Dive shop qui commercialise 25 destinations dans le monde ne propose pas la Polynesie . C'est, dit son Dive shop , une destination trop onéreuse ! Ils ne voient pas les propositions d'hébergement en pension.Ils n'ont accès qu'à des packages incluant avion plus hôtel.  Leurs clients vont au Mexique,Indonésie, Belize, Bahamas, Fiji, Malaysie, Philippines, Yap/Palau Micronesie, Maldives. La distance n'est pas un problème pour ces clients. Alors quels sont à priori les problèmes pour venir au Fenua? Tahiti est synonyme de voyage onéreux, la perception du prix disent ils ("c'est trois fois plus cher que le Mexique ou les Bahamas") doit être justifiée, la barrière de la langue , le manque de chambres climatisées, la méconnaissance de cette partie du monde. 

Par contre ceux qui ont eu la chance de voyager par leur propres  moyens, qui ont pris le temps de chercher des billets d'avion des pensions et des centres de plongée sont ravis et reviennent. Pour ma part tous nos clients américains ou canadiens étaient déjà venus en Polynesie ou y sont revenus. Ils adorent la nourriture locale , l'ambiance locale, les polynésiens, les plongées évidement qui sont  parmi les plus belles du monde, ils aiment voir la faune sous marine et ils conviennent que dans les Tuamotu il n'y a pas besoin de climatisation...

Alors quelles solutions? Ou idées plus modestement... Il faut définir  nos objectifs: Soit, nous répondons exactement à leurs attentes en proposant un produit fini, aérien plus hébergement  plus activité plongée et dans ce cas nous privilégieront les hôtels et les gros centres de plongées. Les pensions de famille et les centres  de plongée plus familiaux seront alors laissés pour compte; 

Soit nous mettons en avant des destinations, des îles, des parcours, des idées de voyage responsable à faible impact écologique, en donnant des listes d'hébergements et de centre de plongée. 

Je pense qu'il faut dialoguer directement avec les Dive Shop. Le DEMA Show est certainement un lieu de prédilection pour cela. Il faut des ambassadeurs de la plongée en Polynésie lors de ce grand rendez-vous. 

 

Nos autres  points forts sont : plongées en petit groupe. Chez nous il n'y a pas de groupe de 50 ou 60 plongeurs largués en même temps sur un site. Nos instructeurs de plongées sont parfaitement formés, nous possédons un système d'accès au soins en cas d'accident certainement unique au monde. Nos sites de plongées sont pour la plus part accessibles tous les jours de l'année. La Polynesie bénéficie de par son éloignement d'une richesse exceptionnelle de sa faune.....

 

Et pour la France ??? Je pense qu'il faut abreuver les métropolitains d'images de plongée polynésienne et leur faire savoir que le prix du billet d'avion pour Tahiti n'est plus celui des années passées. La Polynesie ne doit plus être le voyage d'une vie si on a de la chance, mais le voyage plongée à faire une première fois avant 40 ans ! 

 

Voilà ma modeste contribution aux réflexions sur le thème . La Polynésie, destination plongée ? ...

Gina Bunton
lun 21/12/2020 - 16:54

Tahiti Tourisme est bien entendu dans la recherche du résultat et souhaite s’assurer que ses actions sont pertinentes et impactantes. Nous sommes bien entendu ouverts à toute suggestion sur comment améliorer nos résultats. Nous prenons notamment en compte la suggestion de cibler les dive shops sur le marché US.

Il serait intéressant d’avoir accès à l’étude de Bernard pour connaître les pages Facebook mentionnées et le profile de leur cible.

Concernant l’étude du CETOP et ses conclusions, on notera tout de même que le rapport fait ressortir que « (Rangiroa, Fakarava et Tikehau) doivent leur réputation en grande partie au fait qu'ils sont parmi les destinations de plongée sous-marine les plus reconnues sur la planète et que « Rangiroa et Fakarava sont régulièrement cités dans les palmarès mondiaux des meilleurs sites de plongée sous-marine ».

Concernant la promotion de la plongée via des magazines spécialisés, comme évoqué précédemment, Tahiti Tourisme invite régulièrement des magazines plongée à découvrir la destination, les efforts peuvent être intensifiés et il existe de multiples sources print et en ligne sur le sujet .Si vous avez des magazines spécifiques à suggérer nous sommes bien entendu ouverts aux suggestions.

Tahiti Tourisme participe effectivement tous les ans au DEMA show, accompagné des centres de plongée qui souhaitent y participer à nos côtés.

En ce qui concerne la promotion de la plongée sur le marché français, au-delà du salon de la plongée, Tahiti Tourisme s’assure bien entendu également de communiquer sur la plongée auprès du grand public français. En 2019, une campagne en coopération avec la FFESSM a d’ailleurs été lancée pour pouvoir communiquer sur Tahiti Et Ses Îles en tant que destination plongée auprès d’un public qualifié.

A noter également que la plongée est également populaire en Italie, où par exemple Tahiti Tourisme soutient Aquadiving, TOP spécialisé dans la plongée, afin de représenter la destination et son offre plongée sur le EUDI show.

Il convient également de noter que sur les sites de Tahiti Tourisme, la plongée est bien mise en avant, avec un notamment un listing des centres de plongée référencés chez Tahiti Tourisme par île, de même une liste de tous les types d’hébergement par île est également disponible.

De même, concernant la promotion de la Petite Hôtellerie Familiale et d’une destination plus accessible d’un point de vue tarifaire, les efforts de promotion sont faits sur les marchés, ce depuis plusieurs années au travers notamment de la création d’une campagne spécifique « Stay at a Tahitian Guesthouse » et d’activités de relations publiques et de formation du réseau de distribution afin de sensibiliser le grand public et les professionnels à cette alternative d’hébergement.

Thibault Gachon
dim 27/12/2020 - 09:24

En réponse à par gbunton@tahiti…

Bonjour Gina, 

Je suis très surpris de l'acharnement que tu mets à défendre les actions de TT, alors que le sujet de cette plateforme collaborative est d'envisager l'avenir. Si à chaque fois que quelqu'un propose quelque chose, tu réponds que "TT fait déjà ceci ou celà", alors autant fermer tout de suite le chantier, et laisser TT décider de tout. 

Et sur le fond, voici mes réponses : 

- Si "vous" êtes dans la recherche du résultat (ça signifie que tu t'exprimes au nom de TT, ce qui me pose un souci de légitimité), peux-tu me communiquer les indicateurs retenus pour l'évaluation de vos résultats ? 

- Bernard n'a pas fait une "étude", mais un simple sondage. Mais une étude serait en effet bien nécessaire. Espérons que les organismes qui en ont les moyens (TT notamment) prennent la peine de le faire, ce ne serait pas du luxe.

- Concernant l'étude du CETOP, je ne comprends pas ta réaction, et surtout, j'aimerais bien savoir dans quelle mesure on peut attribuer à TT la renommée des destinations comme Rangiroa, Tikehau ou Fakarava. 

- Dès les premiers contacts entre le Syndicat Polynésien des Centres de Plongée et TT, j'ai demandé à avoir la liste des supports plongée qui ont été conviés en Polynésie. On ne me l'a jamais fournie. Là, tu affirmes à nouveau que TT  "invite régulièrement des magazines plongée à découvrir la destination" : qui est venu ? Quels résultats ?

- "En 2019, une campagne en coopération avec la FFESSM a d’ailleurs été lancée pour pouvoir communiquer sur Tahiti Et Ses Îles en tant que destination plongée auprès d’un public qualifié" : qu'est-ce qui a été fait ? Quels résultats (toujours cette question des résultats...)

- "Tahiti Tourisme participe effectivement tous les ans au DEMA show, accompagné des centres de plongée qui souhaitent y participer à nos côtés" : combien de centres y participent, parmi les 54 centres de plongée de Polynésie ? Peut-être pourrait-on revoir cette stratégie qui ne profite qu'à 1 ou 2 gros acteurs, et qui laisse sur le côté 80% des opérateurs ? 

Bref, je pourrais continuer et démonter un par un chacun de tes points d'argumentation, mais honnêtement, ça me saoule. Si toi, et TT, au nom de qui tu t'exprimes, pensez que tout ce qui est fait est suffisant, alors nous devrons faire sans vous. Nous avons besoin de partenaires qui souhaitent aller de l'avant, et pas de ceux qui freinent des quatre fers dès qu'il s'agit de se remettre en question. 

Gilles Siu
lun 28/12/2020 - 15:51

Bonjour,

je me permets d'intervenir après la clôture officielle :p. Je n'avais pas lu correctement les objectifs de l'atelier (en fait je n'ai retenu que ce qui m'intéressait :p). Je reprends donc point par point :

Objectif principal : Identifier les freins et les leviers pour faire de la Polynésie une "Destination plongée"

Comme évoqué lors des différentes interventions, tout dépend du public a priori car Bernard et Martine notent qu'il y a un rapport de 10x entre les francophones et les américains (au sens large) sur l'idée destination de rêve pour la plongée. Il faut se demander aussi les critères qui en font une destination de rêve ou pas. En effet, les exigences des plongeurs (pas que des plongeurs d'ailleurs) varient selon les nationalités. Je n'ai pas beaucoup plongé en dehors de la Polynésie (ni même en Polynésie), mais rien qu'à Tahiti, certains plongeurs préfèrent le cadre du centre le plongée (douche chaude, goûter, espace sur le bateau) à ce qu'ils voient sous l'eau et d'autres préfèrent une côte à l'autre...

Peut-être que le marché américain visé actuel ne correspond pas aux "amoureux de la plongée" mais plus à un tourisme de masse ou du moins non spécifique plongée ? Mais j'aime bien ce point d'introduction :

"- Il ne s'agira jamais d'un tourisme de masse, mais bien d'une cible de qualité"

Objectifs secondaires : 

- Réaliser une bilan de "l'écosystème" de la plongée en Polynésie (cadre réglementaire, rôle et coordination entre les différents acteurs, du tourisme, de l'environnement, de l'économie)

Une petite remarque qui me vient à l'esprit : c'est bien d'avoir organisé des diplômes de plongée locaux pour encadrer les plongeurs (GPP) afin de permettre aux plongeurs résidents sur le territoire de se former à l'encadrement professionnel. Je note cependant qu'il n'y a plus de formation de diplôme français d'encadrement professionnel et je trouve ça un peu regrettable. Certe, on a maintenant ouvert la possibilité aux encadrants d'autres systèmes (PADI, SSI par exemple) de travailler sur le territoire mais je ne sais pas ce qu'en pensent les professionnels de la plongée à Fakarava et Rangiroa notamment où les conditions ne sont pas toujours faciles, mais d'expérience la moyenne d'expertise en plongée des encadrants que j'ai rencontrés étaient plus élevées chez les encadrants disposant d'un diplôme français que chez les encadrants disposant d'un diplôme de type PADI. J'ai pu observer des différences de prestations liées (pas uniquement dues à la réglementation du coup).

Tout ça pour dire qu'il faut du contrôle qualité d'une certaine manière et faire attention à ne pas tomber dans l'excès du tourisme de masse.

- Identifier des freins au développement de la plongée en Polynésie

Là, Bernard et Martine on identifié la méconnaissance du public américain venant en vacances en Polynésie. Il faut sûrement communiquer différemment vers ces pays d'origine. Étant donné la praticipation régulière au DEMA show, il faudrait voir pourquoi on ne s'y distingue pas particulièrement (j'imagine que nos sites ont leurs atouts (requins, clarté de l'eau, profondeur (?),...)

Encore une fois, n'oublions pas qu'on cherche un tourisme de qualité et pas forcément de quantité industrielle :p... Il faudrait analyser la rentabilité des clubs de plongée pour savoir où se trouve réellement le curseur : avoir 200 plongeur par site comme en Égypte, je ne pense pas que ça soit de la qualité. Mais j'imagine que certains clubs aimeraient financièrement faire tourner leurs bateaux plus souvent...

- Proposer un bilan de la communication actuelle sur la Plongée en Polynésie

Je ne suis pas très présent sur les réseaux sociaux, mais je pense que ça serait bien de relayer les photos de la semaine dans des cercles privilégiés. Toutes les semaines, on voit du requin marteau, du tigre, des raie manta (mais aussi plus petit, genre nudibranches mais on est un peu écrasés à plat de coûture par l'Indonésie je crois pour ça). Peut-être qu'un chargé de com pourrait centraliser (ou tout simplement republier) les posts des plongeurs en Polynésie française...

- Proposer de nouvelles approches dans la commercialisation de l'offre plongée en Polynésie

L'idée des packages avec des filières bien identifiées comme relèvent Bernard et Martine selon les goûts des différentes communautés de plongeurs. Peut-être être dynamique et exhaustif sur un seul site web ? Sans caricaturer mais un peu quand même, proposer un parcours avec douches chaudes et un parcours "à la roots" en plongées du bord :p.

- Tout autre remarque ou idée sera la bienvenue !

Rappel de ma petite remarque que je trouve bien complémentée par Thibault sur la plongée tech à ne pas négliger. J'aime bien la comparaison avec la F1 / l'élite (même si c'est pas forcément l'élite, ça impressionne et ça peut être utiliser pour montrer une image "haut de gamme").

Merci en tous cas à tout le monde pour tenter de faire avancer les choses :) !

 

Thibault Gachon
mer 30/12/2020 - 14:46

En réponse à par gsiu@club-inte…

Bonjour Gilles, 

Merci à nouveau pour ta contribution, riche et pleine de bon sens. Voici quelques remarques point par point : 

-> Je te rejoins tout à fait concernant le ciblage, que ce soit en France, ou en Amérique du Nord. Voici un extrait de la synthèse que j'en fais : 

Comme l’a récemment rappelée l’étude publiée par le CETOM « Diagnostic de la destination touristique de la Polynésie française », la littérature scientifique distingue deux types de plongeurs : « ceux qui planifient leurs vacances autour de la plongée, avec des destinations choisies en fonction du potentiel sous-marin, et ceux qui ont l’intention de plonger uniquement lorsque les conditions de plongée sont particulièrement favorables, ou lorsqu’ils n’ont pas d’autres activités de loisirs prévues dans la journée » . On peut donc parler de « plongeurs d’opportunité » versus « plongeurs par destination ».

Dans le même temps, les choix stratégiques effectués par Tahiti Tourisme se sont portés sur une communication globale, sans que ne soient mis en avant certains métiers, filières ou activités. Il en découle que lorsque la plongée est utilisée dans la communication de Tahiti Tourisme, elle l’est de façon très globale, comme « une activité que vous pourrez effectuer durant votre séjour ». De la même manière, le support dédié (brochure « Plongée à Tahiti et ses Îles ») apparaît comme orienté vers un public très large : le public des « plongeurs d’opportunité ».

Il est donc difficile de bâtir une stratégie de communication vers ce qui devrait être le cœur de cible de la plongée sous-marine, car les arguments principaux constituant le message ne concernent pas directement la plongée (« Slow Tourism » ; « Le Mana »…).

Ainsi, il apparaît nécessaire d’imaginer de nouvelles formes de stratégie de communication qui, sans s’opposer à la promotion globale de la destination, pourraient ne pas être contraintes par elle. Une stratégie de marque dédiée serait, par exemple, un bon moyen d’utiliser la plongée comme porte d’entrée vers le Tourisme en Polynésie, auprès d’un public qui choisir ses lieux de vacances en fonction de l’intérêt des plongées.

-> Concernant la formation des GPP, et des diplômes "français" : 

Si le diplôme de GPP a été mis en place, c'est surtout parce qu'il n'est plus possible de faire les formations des diplômes d'Etat sur le fenua. Avant, il était possible - et courant - de passer un MF1, puis de faire une "passerelle" vers le Brevet d'Etat, en quinze jours. Mais avec la refonte des diplômes, tout cela est fini ! Le DEJEPS (qui remplace le BEES) ne peut être effectué qu'au sein d'un CREPS, et il n'y en a pas en Polynésie. Difficile donc, pour un jeune polynésien de financier 1 an de formation dans un CREPS en France. Voilà pourquoi le GPP répond à l'objectif de permettre à de jeunes polynésiens d'effectuer le métier de guide de plongée. 

De même, il n'est pas tout à fait exact que les Instructeurs du RSTC (PADI, SSI,...) ont le droit de travailler en Polynésie. Ils doivent pour cela passer l'examen du GPP, même s'ils ont un programme d'épreuves allégé. C'est cet examen qui doit servir de "contrôle qualité". 

-> Concernant la particpation au DEMA Show : 

Là aussi, le sujet est sensible : si l'on veut toucher ce public "de qualité", moins nombreux mais connaisseur, il faut que les gens qui viennent présenter la plongée en Polynésie soient eux-mêmes de connaisseurs. Et qui est meilleur connaisseur que les clubs de plongée eux-mêmes pour parler de leur atouts ? Qui mieux que Bernard pour parler de la plongée à Manihi (par exemple) ? Par contre, si l'on veut que les clubs, et notamment les "petits" soient présents, et jouent à plein leur rôle d'ambassadeur, il faut les aider. 

-> J'adore ton idée sur les "parcours". Elle répond parfaitement aux attentes que nous font remonter les professionnels du tourisme !

 

Bonne bulles, et à bientôt