TOURISME ET FORMATION
10 participation(s), 5 échange(s)
Début des travaux :
Thème :
Formations
Fin des travaux :
Statut :
Ouvert
Introduction :
Le tourisme est une industrie en mutation permanente et cela s’avère plus que jamais une réalité dans le contexte international actuel.

Les métiers du tourisme sont fortement impactés par l’évolution des consommateurs de voyage : l’accès généralisé à internet et aux offres en ligne, l’enjeu des éthiques de voyage et du développement durable, la recherche de sécurité et de qualité tout en préservant l’authenticité polynésienne tant appréciée, le besoin de flexibilité…
Ces enjeux importants obligent les acteurs du tourisme à développer de nouvelles compétences.
La formation professionnelle constitue un levier pour s’adapter à un environnement de plus en plus complexe. La professionnalisation concerne en effet tous les métiers du tourisme et doit être accessible à tous les archipels.
Garantir un niveau optimal de satisfaction de nos clients pour renforcer notre compétitivité, diversifier notre offre touristique, valoriser notre patrimoine naturel & culturel, conceptualiser des produits touristiques innovants nécessitent des compétences clés que la formation professionnelle peut apporter.
Objectifs :

Les objectifs de ce chantier collaboratif sont :

-Identifier les besoins en compétences des acteurs du tourisme, tous métiers confondus

-Recenser les formations à déployer pour répondre à ces besoins

-Réfléchir aux meilleurs formats pour permettre l’accès aux formations pour tous : éloignement géographique, statuts des acteurs (salariés, patentés…)…

-Favoriser les initiatives entrepreneuriales et le maintien des emplois dans les îles

5 échange(s)
Alain Druet
lun 26/10/2020 - 20:29

Difficile de parler de formation et de métiers reliés au tourisme sans passer par une reflexion gobale et une refonte du code de travail polynésien avec surtout les différentes conventions collectives rattachées (hôtellerie en particulier) peu attractives en comparaison à d'autres et surtout au fonctionnariat qui reste le "Graal" en Polynesie Française.

Patricia Lo monaco
mar 27/10/2020 - 09:52

L'observatoire de l'emploi tant attendu depuis des années répondrait à la problématique du recensement des besoins. En l'absence d'observatoire il faut interroger les acteurs du tourisme....en imaginant un exercice futur différent . On pourrait demander à intégrer pour chaque acteur les notions de RSE (responsabilité sociétale de l'entreprise) ,  c'est un chantier vaste .....et ensuite chaque acteur pourrait adapter ainsi ses services à la fois à une situation sanitaire nouvelle mais aussi en répondant à des impératifs sociétaux.  Une fois les décisions actées par les acteurs du secteur, la formation peut être déclinée et apporter les nouvelles compétences à acquérir . 

c'est une première piste

puis la formation en elle même peut être dispensée en présentiel, en e'learning ou en blended( les deux) . ce qui permettrait d'eliminer le problème de l'éloignement mais exige de bonnes connections  internet..

Ensuite selon les profils des touristes (et french bee a apporté de nouveaux profils) offrir de nouvelles prestations ( hôtelières,  services, transport)  à ces nouveaux profils et former le personnel à ces nouveaux services mais aussi susciter l'entrepreneuriat (camping, création de GR  circuit de randonnées, camp de vacances, etc etc) 

 

 

 

Thibault Gachon
jeu 05/11/2020 - 10:43

Je pense qu'il faut raisonner selon deux niveaux de formation : 

- La formation et l'accompagnement des chefs d'entreprises et/ou porteurs de projet dans le secteur touristique

- La formation des travailleurs dans le monde du tourisme

Ce sont deux approches bien distinctes à mon sens. 

Alain Druet
mer 18/11/2020 - 09:12

Revaloriser l'apprentissage comme un véritable cursus.

Alain Druet
jeu 17/12/2020 - 17:59

Sur le sujet je vous retranscris mon intervention durant le chantier "visio conférence" qui abordait ces points

IA ora na, Good afternoon , bonjour, tout le monde,

Première intervention : Formation Initiale & Apprentissage

Pour légitimer mon intervention et ma participation aux  ateliers FM 25 je me permets de rappeler que j’ai une expérience hôtelière de plus de 42 ans avec 38 années au poste de directeur général hôtelier. L’essentiel de ma carrière s’est déroulée en Polynésie avec des prises de fonctions sur Tahiti, Moorea, Huahine, Tahaa, Tikehau et Nuku-Hiva. Je  connais donc bien les spécificités, les atouts et les problématiques que nous rencontrons en hôtellerie dans nos iles.

Concernant le chantier collaboratif  qui nous intéresse : Tourisme et formation Il me parait important de mettre l’accent sur la nécessité de valoriser ou de revaloriser  l’apprentissage trop souvent dénigré. J’utilise le terme revaloriser car il n’y a pas si longtemps jusqu’à l’après- guerre, c’était avec fierté que nos ainés déclinaient leur parcours d’apprentissage suivi au sein de belles corporations. Il faut donc redonner ses lettres de noblesse à la voie « apprentissage » afin que ce ne soit plus un choix de métier par dépit mais le suivi délibéré d’une vocation.

A mes yeux,  il y a deux voies d’apprentissage : Celle qu’on appelle communément la « Formation sur le tas »  et l’autre plus encadrée par des règles et formalisée par un contrat d’apprentissage. Cette seconde voie sera abordée lors de l’intervention de Vanessa directrice adjointe de la CCISM

Concernant la formation sur le tas,  Il me parait impératif de rappeler qu’il faut différentier cursus scolaire de l’intelligence et surtout de l’aptitude à acquérir des compétences. En effet, je peux témoigner, de moult exemples qui me permettent de certifier que le cursus scolaire initial, souvent faible dans les iles où collège et  lycée sont absents,  n’est pas en antagonisme avec la possibilité d’acquisition de compétences. Ce principe intégré fait apparaitre la « formation sur le tas » comme une formidable porte d’entrée favorisant  l’accès aux métiers qui composent et gravitent autour de l’hôtellerie et du tourisme. C’est tout bénéfice pour  l’emploi car cela automatiquement élargit  le champ de recrutement local et ouvre dans nos iles les nombreux métiers de l’hôtellerie à une population de proximité. Processus qui s’inscrit totalement dans la démarche de développement durable de l’hôtellerie et du tourisme vers lequel nous devons absolument tendre.

S’il est certain que l’école devrait ouvrir les chemins du savoir et de la découverte dévoilant différents horizons vers lequel l’étudiant désir s’avancer, nul ne doute que  la compétence s’affirme et s’acquière tout au long de l’expérience.  La formation sur le tas élimine certes le panel général mais se concentre et se focalise alors sur le métier choisi. Dans ce cas, elle s’appuie plus sur la pratique que sur une théorie livresque. L’expérience et savoir-faire  se forgent progressivement  aux contacts des ainés, auprès de collaborateurs confirmés maitrisant bien le métier. L’apprenti se forme par mimétisme, par l’exemplarité et surtout par la pratique, mais aussi,  et c’est important, par les liens d’une relation interpersonnelle qui se tissent entre l’apprenti et son formateur.  Le Polynésien aime en général  le contact humain, le relationnel, il a beaucoup de respect pour celui « qui sait ! ». Il a une logique plus matérielle que formelle  et est fier  comme beaucoup de voir le fruit de son travail accompli. Il a généralement une mémoire visuelle incroyable et   il  est doué pour les langues (ce qui est un véritable atout dans nos métiers). Nous avons là tous les ingrédients qui font que la formation sur le tas fonctionne indépendamment d’un cursus scolaire classique.

 

 

Seconde intervention : L’accessibilité à la formation

Comme je vous le disais précédemment, je crois ardemment en l’Apprentissage. Appuyé par de belle expérience professionnelles vécues, et je suis convaincu que cela peut être une large et belle porte d’entrée aux métiers de l’hôtellerie en particulier et du tourisme en général, en permettant un recrutement de proximité dans nos iles et ainsi se mettre sur la voie d’une hôtellerie inclusive et durable.  Cependant il  faut bien reconnaitre que nous faisons face à des freins qui limitent la mise en pratique.

Pour l’apprentissage « formel » : La durée du contrat (généralement sur deux ans) avec la non certitude d’avoir le bon postulant  fait réfléchir. Quand l’apprenti vient de Tahiti nous avons dans les iles souvent le frein du déplacement et celui de l’éloignement familial qui lui est plus pesant qu’on ne l’imagine pour le polynésien très attaché à son ile et sa famille.  Il y a aussi a fortiori le souci lié à la nécessité de fournir un logement.

 Aussi lorsque L’apprentissage est assujettit à des périodes en alternance nous faisons face à des problèmes de non prise en compte d’impondérables, de la saisonnalité, ou de nécessités opérationnelles.

Enfin d’autres programmes d’aide à l’emploi type CAE et autre DIJ donnent plus de latitude à l’employeur.

L’apprentissage sur le tas, faisant généralement appel à des demandeurs résidents dans une zone géographique proche n’ont pas les soucis de transport, éloignement et logement. Et si l’employeur trouve alors plus de facilité pour confirmer ou abréger  une collaboration mutuelle, il faut bien reconnaitre que le cout de l’employé à former reste tout de même un  frein car nous savons bien que les premiers mois tiennent plus à la formation souvent en binôme plutôt qu’à un travail effectif productif. C’est pour cette raison que cela s’adresse généralement (quand les choses sont faites dans les règles) aux structures moyennes voir importantes.  Pour favoriser l’apprentissage sur le tas, il faudrait donc trouver et favoriser la mise en place d’une législation  incitative différente du cadre prévu pour un contrat d’apprentissage formel.

Je terminerai en précisant que rien n’empêcherait la formation sur le tas d’être accompagnée par des  organismes de formation se rendant sur place.